Au siècle dernier : les premiers pas...

1996

GALBAO, du fleuve Mana à l'Approuague

1997

MATECHO, la montagne inaccessible.

1998

MASKILILI, symphonie sur le Mont Chauve
2000 - 2010 : Les grands projets

L'an 2000

Mitaraka, sur les traces de Jules Crevaux

Du 28 juillet au 31 août 2000 s’est concrétisé le quatrième raid d’envergure : nous avons franchit la chaîne mythique des TUMUC HUMAC (sud guyanais) et regagné MACAPA (capitale de l’état d’AMAPA au BRESIL) par le rio Jari et l’Amazone.

      Ce périple, le plus important jamais réalisé par l’association, a vu la participation de beaucoup d’intervenants tant en GUYANE, en France métropolitaine, qu’en AMAPA (BRESIL).

      L’intérêt du projet était à la fois scientifique, historique, culturel, pédagogique et sportif mais aussi l’occasion d’affirmer les liens qui existent déjà entre  la GUYANE et l’AMAPA.

      L’expérience et la connaissance du milieu forestier, animalier et fluvial amazonien acquises au cours des huit premières années de voyage dans cet univers ont offert de sérieux atouts aux membres de l’association. Tous passionnés par les raids en forêt amazonienne, les instigateurs ont mis toute leur énergie dans la préparation et la réussite de cette entreprise.

        Mythes et rêves côtoient la dure réalité de la survie dans cette immense forêt tropicale, poumon de la planète : l’Amazonie. Les plus grands dangers s’opposent à la beauté immaculée de cette nature hostile qu’il faut arriver à comprendre pour mener à bien une expédition dans ce milieu.

      de tous les explorateurs disparus dans la jungle amazonienne, les plus célèbres sont le colonel Anglais Percy FAWCETT (1925) et le Français Jules CREVAUX (1882). Plus près de nous, la malheureuse aventure de Raymond MAUFRAIS défraya la chronique française en 1950.

Le but de l'aventure

L’aventure Mitaraka est une expédition pluridisciplinaire inspirée du parcours de Jules Crevaux, premier Européen à traverser les Tumuc-Humac en 1877, afin de revisiter une page majeure de l’histoire de la Guyane et de l’Amazonie. Elle vise à retracer cette exploration tout en la réinterprétant 123 ans plus tard.

Cette expédition se décline sur les aspects suivants :

Culturel

Scientifique

Médiatique et pédagogique

Sportif

Enfin, le projet s’inscrit dans une logique de coopération transfrontalière Guyane française et l’Amapá au Brésil 

Parcours et bilan des moyens de communication

L’expédition Mitaraka s’est déroulée sur 34 jours, entre la Guyane et l’Amapá (Brésil), avec un itinéraire combinant avion, pirogue, marche en forêt et navigation fluviale sur plus de 540 km. Le retour à Cayenne a eu lieu le 31 août 2000.

Quatre moyens de communication étaient embarqués (radios BLU et téléphones satellites), mais une seule radio BLU est restée pleinement opérationnelle jusqu’au bout, les autres ayant été endommagés par l’humidité ou la manutention. La radio BLU s’est révélée la plus fiable, sous réserve d’une organisation rigoureuse des communications.

Sur le plan médical, la préparation en amont et l’expérience des équipes ont permis une bonne gestion sanitaire, malgré quelques pathologies mineures : dysenterie, épuisement ponctuel et infections cutanées des pieds.

2002

Toponowini, à la decouverte d'un lac inconnu

Du 5 au 25 octobre 2002, seize membres de l’association sont partis à la découverte d’un lac inconnu, donc non référencé sur les cartes, dans le sud Guyanais. Une invention qui a fait l’objet d’une déclaration officielle auprès des autorités concernées. De part son originalité cet événement hors du commun a été fortement médiatisé. Une aventure qui, une nouvelle fois, s’est déclinée sous un angle sportif, culturel et scientifique. Aujourd’hui encore la page n’est pas refermée sur cette découverte puisque les prélèvements du substrat du fond du lac réalisés par le CNRS dans le cadre du programme ECOFIT doivent être confondus avec de futures analyses d’autres lacs du même type afin de mieux connaitre les climats passés et le taux de mercure présent à l’état naturel en Guyane.

Le but de l'aventure

Le projet Toponowini s’inscrit dans la continuité historique des grandes expéditions menées sur le plateau des Guyanes à la recherche de l’Eldorado, identifié dans les récits anciens comme la cité de Manoa, située près du légendaire lac Parimé. Après les échecs d’explorateurs tels que Walter Raleigh et Keymis à la fin du XVIᵉ siècle, cette quête a été abandonnée pendant près de deux siècles.

La connaissance récente, par l’association ALABAMA, de l’existence d’un lac isolé dans le sud de la Guyane relance l’intérêt pour cette histoire. Sans prétendre découvrir un trésor, l’objectif principal est de raviver la mémoire historique de ces expéditions et de valoriser l’héritage culturel lié à la quête de l’Eldorado.

Sur le plan scientifique, le projet vise l’étude ichtyologique, hydrologique et géologique d’un lac circulaire d’environ 100 m de diamètre, entouré de parois abruptes de 50 m. La faune, la flore et les caractéristiques hydrologiques du site font l’objet de recherches menées en lien avec des organismes scientifiques (Muséum national d’Histoire naturelle, CNRS). Des carottages sédimentaires ont permis d’analyser la présence de mercure, de dater le site et de reconstituer l’évolution de la végétation et du climat ancien du plateau des Guyanes.

Relevés réalisés au cours de l'expédition

Les travaux réalisés consistent en cinq descriptions principales du lac : topographique, bathymétrique, hydrologique, physico-chimique et ichtyologique. Des inventaires de faune (reptiles, batraciens, oiseaux, mammifères, macro-invertébrés) et de flore ont également été effectués, avec échantillons confiés à des spécialistes.

Caractéristiques du lac :

  • Altitude : 112 mètres (mesure à vérifier au GPS différentiel)
  • Périmètre : 430 mètres
  • Surface : 10 900 m² (environ 1 hectare)
  • Forme : ovoïde

Film intégral uniquement en visionnage privé. Droits de diffusion société Ampersand

2003

Aïmalayana, à la découverte d'un lac inconnu au Suriname

C’est au cours d’une simple sortie de reconnaissance dans le sud guyanais et surinamais dans l’objectif de préparer le projet « KAILAWA » qui devrait voir le jour fin 2004 qu’un nombre restreint des membres de l’association ont découvert fortuitement le lac AIMALAYANA (nommé ainsi par les indiens Wayanas, textuellement : les hommes aïmara).

Ce site fait référence à une légende (celle de Molocoy) connu depuis fort longtemps par les Wayanas. De mémoire d’homme ce lac n’avait jamais pu être localisé.

L'origine de l'aventure

Tout part de la genèse légendaire du peuple Wayana, centrée sur l’esprit de l’eau, le Mulokot. Cette histoire, rapportée par l’ethnologue Jean Chapuis et l’archéologue Renzo Duin, est une tradition orale des Amérindiens Wayana du haut Maroni.
En 2000, lors d’un voyage sur le fleuve Maroni, Renzo Duin et des Amérindiens ont découvert un site nommé « mulokoteimé eni », signifiant « le trou où vivait le mulokot ». Intrigué, Renzo a recueilli la légende du Mulokot auprès des Amérindiens.
La légende raconte qu’un chasseur Wayana, ayant pêché et mangé un poisson inconnu, a découvert que c’était un Mulokot, un esprit de l’eau. L’esprit s’est emparé de son corps et de son âme, le rendant assoiffé et incapable de boire sans mourir. Il a péri près d’un lac, le lac « AIMALAYANA », découvert le 7 avril 2003, qui est proche du site « mulokoteimé eni ». La morale de l’histoire est de ne jamais tuer un Mulokot.

Description du lac

Les relevés, réalisés sur une période de deux jours et demi (du 07/04/03 au 09/04/03), ont inclus une description topographique, bathymétrique, hydrologique et ichtyologique du lac, ainsi qu’un inventaire faunistique sommaire. L’altitude du lac a été estimée à 195 mètres (à plus ou moins 20 mètres près) à l’aide d’un GPS étalonné.
Les relevés topographiques, effectués avec une boussole à visée et un topofil, ont permis de cartographier le lac et d’établir son profil en long. Le lac présente un périmètre de 1277 mètres et une surface en eau de 9635 m². Sa forme est décrite comme celle d’un oiseau en vol. Une déclaration de découverte de ce site a été faite auprès des autorités Surinamaises.

Les traces d'une ancienne présence humaine

Autour du lac, trois tessons de poteries amérindiennes ont été trouvés à l’entrée d’un terrier, et huit tessons supplémentaires ont été découverts à environ 35 centimètres de profondeur. Ce site, un plateau ovoïdal d’environ 70 mètres par 45, est situé à 30 mètres au-dessus du lac. Les explorateurs n’ont pas pu approfondir les fouilles par manque de temps et d’autorisation.
Sur l’inselberg KONOPAMOI, lors de l’ascension, dix tessons et un fragment de platine à manioc en terre cuite ont été trouvés sous deux abris sous roche, l’un à mi-pente et l’autre au sommet. Les positions GPS de ces sites ont été relevées. Tous les prélèvements ont été remis aux autorités Surinamaises.

2004

KAILAWA, sur les traces d'un chamane guerrier Wayana
Kaïlawa était un guerrier et chaman légendaire du peuple Wayana ayant vécu il y a environ 300 ans dans la région des monts Tumuc-Humac. L’initiative s’appuie sur les récits oraux de Kuliyaman, le dernier grand conteur Wayana, recueillis par l’anthropologue Jean Chapuis.
L’expédition avait plusieurs objectifs scientifiques :
Archéologie : Renzo Duin, archéologue de l’université de Gainsville (U.S.A), en collaboration avec le service archéologique régional de Guyane, a identifié trois sites majeurs : une montagne couronnée, un site funéraire probable et plusieurs ensembles de pierres directionnelles. Ces découvertes visent à corroborer les récits sur la genèse et l’histoire du peuple Wayana.
Botanique et Modélisation Forestière : Le CNRS a participé au projet avec un botaniste et un modélisateur de forêt tropicale.
Entomologie : Jean Philippe Champenois a réalisé la première collecte d’insectes dans les Tumuc Humac.
Parasitologie et Santé : Hugues Contamin, chercheur en parasitologie au laboratoire P4 de Lyon, a prélevé des échantillons de sang sur des mammifères pour rechercher d’éventuelles maladies émergentes. L’Institut Pasteur de Cayenne a analysé les prélèvements sanguins de l’équipe d’aventuriers, suivant les protocoles de l’association A.M.E (Amazonie Médecine Expédition).

Sur le plan sportif et médical, l’expédition a représenté un défi considérable. Outre la navigation périlleuse des rapides, l’effort principal a résidé dans la marche en forêt profonde, nécessitant l’ouverture de 150 km de sentiers dans une jungle dense et marécageuse. Une préparation physique et mentale rigoureuse des participants était essentielle, et des protocoles établis par l’A.M.E ont assuré l’équilibre entre l’effort, la sécurité et la santé de l’équipe face à cet environnement hostile.

Retour d'expériences

Film intégral uniquement en visionnage privé. Droits de diffusion société Ampersand

2005

LABO ZERO, repérages dans les Tumuc-Humac.

Cette mission courte a eu pour but essentiel de procéder à un repérage de plusieurs sites en vue du futur projet Marouini. 

Des tests de communication et plusieurs protocoles médicaux ont été expérimentés et validés pour enrichir notre expérience et mieux sécuriser nos futurs projets. 

2006

MAROUINI, Chasseurs de Virus sur la borne 1, frontière avec le Brésil

L’expédition Marouini, menée du 15 septembre au 8 octobre 2006 dans le sud de la Guyane, a réuni 16 participants autour d’un projet scientifique, sportif et culturel. Inspirée des parcours des explorateurs Jules Crevaux et Henri Coudreau, elle a permis de comparer les explorations actuelles à celles du XIXᵉ siècle.
Sur le plan scientifique, des prélèvements biologiques ont été réalisés pour identifier des virus et bactéries en forêt profonde. Des découvertes archéologiques majeures ont aussi été faites, révélant de nouveaux sites datant jusqu’à 500 ans avant J.-C.
Enfin, l’expédition a représenté un défi sportif important, combinant marche en forêt et descente de 220 km de rivière en canoë.

 

Rappel Historique

En 1887, l’explorateur Henri Coudreau mène une mission dans l’extrême sud de la Guyane, dans la région encore mal cartographiée des monts Tumuc-Humac, habitée par les Indiens Roucouyennes. Accompagné de M. Laveau et du guide Apatou, ancien compagnon de Jules Crevaux, il explore le territoire entre le haut Itany et le haut Maroni. Après avoir traversé des forêts difficiles et reconnu plusieurs massifs, l’expédition regagne Cayenne par le Marouini et le Maroni, épuisée par les conditions extrêmes.

Retour d'expériences

Expérimentations :
• Collectes d’échantillons pour :
– L’Institut Pasteur
– Laboratoire P4 Lyon
– Laboratoire de parasitologie Pr Carme
– Mission scientifique du futur parc de la Guyane
– CNRS
– DRAC
• Tests équipement de survie et bénéfices des
formations de secourisme en milieu équatorial

Utilisation d’une Station Portable de
Télémédecine afin de :
– Téléconsultations médicales (mode d’utilisation
classique)
– Envoi d’images d’échantillons:
• Photos champ microscopique
• Photos d’insectes
• Photos de plantes
• Applications ouvertes aux autres organismes et instituts de
recherche
– ou autres données auprès des instituts de recherche
partenaires (appareils de mesures, etc.…)
– Envoi de reportage « in live » pour les médias

Film intégral uniquement en visionnage privé. Droits de diffusion société Ampersand

2008

Sur les traces de Jean Galmot au cœur du "Grand Bois"

La découverte de l’or en Guyane :

Si depuis la découverte de l’Amérique les conquistadors ont toujours su que l’or était présent en Amazonie ce n’est qu’au milieu du 19 éme siècle que l’on en découvrit en Guyane française.

Les grands sites d’orpaillage trouvent leurs apogées entre 1870 et 1915. Au cours de cette expédition nous avons retrouvé certainement l’un des derniers sites d’orpaillage encore intact datant du temps de la découverte de l’or en 1855. De nombreux vestiges ont été mis à jour tant sur l’aspect de la vie quotidienne de ces premiers chercheurs d’or que le chantier à proprement parler.

La restitution portera en grande partie sur l’évocation de la vie et du travail difficile de ces pionniers qui ont écrit un pan de l’histoire guyanaise peu connu.

Sur les traces de Jean Galmot :

Aventurier, homme politique, homme d’affaires mais aussi chercheur d’or, Jean Galmot a marqué l’histoire de la Guyane hors de ses frontières. Comme quelques autres il bâti sa fortune sur l’exploitation et la vente d’or. A travers les récits de ces romans nous revivrons les joies et les moments difficiles de cette vie de garimpeiros des années 1900 au cœur de la forêt. Il est le fil conducteur de notre ouvrage.

Christophe Belevez a apporté son concours par sa très grande connaissance historique sur la vie de cet homme illustre.

Film intégral uniquement en visionnage privé. Droits de diffusion société Ampersand

2010

Kuwaïhpan, à la découverte d'un lac inconnu et des peintures rupestres de la Mamilipan

Avant notre départ en expédition nous sommes au village de Taluwen pour la mise en place du ciel de case au sommet du Toukouchipan du village. Alabama participe à cet évènement avec une inauguration qui clôture une rénovation complète du carbet communautaire.

La découverte du lac inconnu et des peintures rupestres de la Mamilipan : l’expédition

2011 - 2019 : Les fleuves

2012

LE LAC SEC

Nous sommes dix à nous rendre en hélicoptère vers un lac inconnu dans le centre Est guyanais. À notre arrivée, nous découvrons avec surprise que le lac, pourtant en eau lors des repérages en saison des pluies, est complètement asséché. Il ne reste qu’une cuvette craquelée recouverte d’herbes, victime de la sécheresse.

Le lac se trouve en phase finale de comblement : peu profond, dominé par la sédimentation organique, il se transforme progressivement en marais durant la saison sèche et deviendra bientôt un milieu entièrement terrestre. Ce processus peut prendre de quelques siècles à des dizaines de milliers d’années selon la taille du lac.

Une savane roche voisine à une journée de marche, nous permet de découvrir un écosystème unique composé de granite nu et de plantes broméliacées endémiques. Du sommet, nous contemplons la canopée forestière s’étendant à l’infini.

Un second objectif de ce projet est de mettre en palce un piège lumineux sur la roche toute proche du lac sec. Ce type d’inventaire est une vrai fenêtre sur la biodiversité nocturne Amazonienne.

L’Amazonie, sanctuaire d’une biodiversité inégalée, révèle une part de ses mystères les plus fascinants à la faveur de la nuit. Pour les entomologistes comme Jean-Philippe Champenois et les passionnés, la capture d’insectes nocturnes est une étape cruciale de l’étude faunistique, et le piège lumineux au drap blanc est l’une des méthodes les plus efficaces, simples et spectaculaires pour y parvenir,

L’installation du piège lumineux transforme un coin de la jungle en un véritable théâtre de la vie nocturne. Dès la tombée de la nuit, le spectacle commence. Les premiers visiteurs sont souvent des coléoptères de grande taille, des phalènes (papillons de nuit) aux motifs complexes, et des hémiptères.

Au fur et à mesure que la nuit avance, le drap blanc se couvre d’une mosaïque vivante et bourdonnante. On peut y observer une diversité stupéfiante, typique de l’Amazonie, permettant même de recenser des espèces rares ou encore inconnues.

2013

Rivière MATARONI et savane roche Annabel

Nous sommes neuf  pour cette navigation sur la rivière Mataroni en Guyane, Plusieurs rapides, portages et obstacles naturels sont à franchir. Le voyage est marqué par une rencontre rare avec un jaguar et la découverte d’un jeune faon isolé. Après deux jours de navigation, l’expédition atteint le point de départ menant à la savane roche Annabel, où le paysage s’ouvre brusquement sur un vaste plateau rocheux baigné de lumière.

2014

Chute Grand KANORI - Fleuve Approuague

Nous partons sur le fleuve Approuague depuis Régina jusqu’au saut Grand Kanori, le plus haut rapide de Guyane avec ses 19 mètres de hauteur.

Cette semaine de voyage en coque aluminium se révèle progressivement difficile. Après une navigation paisible initiale, nous affrontons plusieurs rapides (Tourépé, Mapaou, Athanase). Au saut Grand Machicou, le passage au moteur devient impossible : il faut descendre dans l’eau tumultueuse et haler les barques à la corde.

Au terme de nos efforts, le Grand Kanori se dévoile enfin, le fleuve révèle toute sa puissance sauvage. Cette récompense spectaculaire couronne une aventure qui n’est accessible qu’à ceux qui font preuve de patience, de ténacité et de respect envers l’Amazonie.

2015

Riviere Armontabo

L’Armontabo est un affluent du fleuve Oyapock formant frontière entre la Guyane et le Brésil. Dès le début de l’expédition, une avarie moteur menace l’aventure : un hors-bord ne fonctionne plus qu’en marche arrière. Grâce à l’aide providentielle d’orpailleurs de passage, nous parvenons à réparer et poursuivre le voyage.

La forêt impose une ambiance faite de pluies torrentielles, d’odeurs de terre humide et d’un fond sonore permanent mêlant insectes, grenouilles, rivière et cris de singes hurleurs, paradoxalement apaisants.

Durant une semaine, nous franchissons de nombreux rapides, parfois entravés par des troncs d’arbres. La pêche à l’aïmara complète les rations, offrant de jolis combats avec ce puissant carnassier.

Le retour s’avère plus dangereux : la descente des rapides provoque deux chavirages successifs. Une barque heurte un rocher dissimulé, se remplit d’eau et projette hommes et matériel dans le courant. Après de longues heures d’efforts, nous récupérons l’essentiel, dont une caméra perdue puis retrouvée et un moteur noyé démonté, séché et remis en marche, évitant un retour à la pagaie. 

2016

Fleuve Sinnamary - saut Parasol

Le barrage hydroélectrique de Petit-Saut, achevé en 1994 sur le fleuve Sinnamary, a créé une vaste retenue d’eau de 365 km², submergeant une grande partie de la forêt. Le périple débute sur ce lac silencieux et fantomatique, avant de remonter le fleuve au-delà du saut Takari-Tanté, en direction du saut Parasol. Malgré l’apparente nature vierge, le territoire porte les traces d’une occupation amérindienne ancienne et d’une exploitation aurifère intensive commencée au XIXᵉ siècle. La progression dans la forêt équatoriale est éprouvante : franchissement de sauts tumultueux, obstacles naturels, faune discrète mais présente. Une avarie grave de l’embarcation met l’expédition en danger, mais une réparation de fortune permet de continuer. Après quatre jours d’efforts intenses, le saut Parasol est atteint, marquant la fin du parcours et le début du retour.

2017

Chutes rivière Ekini
Nous partons sur le fleuve Approuague, un lieu historiquement lié à la découverte de l’or en 1855 par un mineur brésilien nommé Paolino dans la crique Akoupaï. Cette découverte, officialisée par Félix Couy, a déclenché une première ruée vers l’or qui a duré jusqu’à la Première Guerre mondiale. Aujourd’hui, le fleuve est toujours fréquenté par des orpailleurs clandestins.
La navigation débute sur des eaux calmes, entrecoupées de rapides exigeants l’expertise des piroguiers. Chaque franchissement est ressenti comme une victoire.
Après avoir dépassé plusieurs sauts célèbres (Mapaou, Athanase, Mathias et Akoupaï), nous atteignions l’embouchure de la crique Ekini. Cet affluent est réputé pour son caractère préservé et offre une navigation plus intime, avec un couvert végétal dense. L’avancée y est rendue difficile par des troncs couchés, nécessitant l’usage d’une tronçonneuse, ce qui témoigne de la rareté des visiteurs.
La progression est récompensée par la découverte d’une belle chute d’eau sur un petit affluent, propice à une séance de Tai Chi. L’aventure culmine au pied d’un très gros rapide infranchissable qui forme un bassin naturel d’une clarté saisissante. Ce lieu marque la fin de notre progression et souligne l’isolement et la richesse de la nature environnante.

2018

Les peintures rupestres de la Mamilihpan

C’est en 1995 que François Susky, aviateur surnommé « l’épicier volant », découvre sur cet inselberg granitique les seules peintures rupestres connues à ce jour du plateau des Guyanes. Plus de 135 représentations y sont recensées, en lien avec les traditions orales des Wayana qui évoquaient depuis longtemps ces peintures sacrées.

Nous nous rendons pour la seconde fois sur le site afin de réaliser le premier documentaire filmé. Parmi nous, Aïma, chef du village de Taluwen, et Pierre Laporte qui avait participé à l’expédition archéologique 22 ans auparavant.

Depuis le village de Taluwen, nous remontons les rapides du Maroni puis nous engageons en forêt. Le chemin est balisé à la machette avec des marques de sève et des branches cassées. Nous établissons notre camp de base au pied de l’inselberg.

Sur une quinzaine de mètres, à mi-pente de la roche granitique, s’étalent les peintures rupestres : 11 anthropomorphes (figures humaines), 2 zoomorphes (animaux), 40 figures géométriques (étoiles, croix) et 7 serpentiformes. Une longue ligne horizontale traverse la paroi. Le sens de cet ensemble reste mystérieux : récit, symboles claniques ou cosmologiques ? Les hypothèses demeurent ouvertes.

2019

La rivière Couy

C’est en 1855 que Félix Couy, commandant à Guisanbourg, et Paoline, guide d’origine brésilienne, s’aventurent dans la forêt guyanaise le long du fleuve Approuague. Complémentaires, Couy apporte la vision et l’organisation tandis que Paoline, fin connaisseur du fleuve et de la forêt, guide l’exploration grâce à son intuition et son expérience. Ensemble, ils découvrent et installent le premier placer d’or de Guyane, révélant un gisement majeur. Si Couy est resté dans l’histoire comme le pionnier officiel, Paoline, souvent oublié, en fut l’âme et l’instinct. La rivière Couy demeure aujourd’hui la trace symbolique de cette aventure fondatrice.

2020-2025 : L'âge d'Or

2020

Le fleuve Mana aux 99 sauts

Le fleuve Mana, surnommé le « fleuve aux 99 sauts », est marqué depuis la fin du XIXᵉ siècle par la ruée vers l’or et demeure aujourd’hui fortement touché par l’orpaillage illégal. Sa navigation est rendue difficile par de nombreux rapides dangereux, comme le saut Fracas, qui imposent des manœuvres périlleuses. Au fil de l’expédition, nous observons de multiples traces d’orpaillage clandestin : bidons d’essence, pirogues naufragées et vestiges d’opérations militaires de lutte contre cette activité. La rencontre avec une pirogue lourdement chargée de vivres révèle l’existence d’un réseau logistique organisé alimentant une exploitation aurifère illégale active. Malgré la tension de telles rencontres, une forme de solidarité prévaut sur le fleuve, où l’entraide reste essentielle face aux risques.

2021

La piste Belizon - Saül : 155km de marche

La piste de Bélizon, longue de 155 kilomètres en Guyane, est un vestige historique tracé en 1952 pour soutenir l’exploitation aurifère et désenclaver le village de Saül. Abandonnée par l’État dans les années 1960 en raison de coûts de maintenance excessifs, elle est aujourd’hui un chemin forestier très dégradé, principalement utilisé par des orpailleurs.

En octobre 2021, nous entreprenons de parcourir cette piste. L’expédition, conçue comme une immersion exigeante, est immédiatement confrontée à des difficultés extrêmes. Le portage de sacs à dos lourds pour garantir l’autonomie rend la marche exténuante, et les pluies incessantes des premiers jours transforment la piste en un interminable bourbier profond, exigeant un effort herculéen à chaque pas.

Un incident majeur souligne la précarité de l’environnement : le vol de nos réserves de nourriture, probablement par des orpailleurs clandestins. Cet acte nous contraint à un ravitaillement d’urgence par hélicoptère via une liaison satellite.

Malgré les efforts, l’aventure révèle la beauté sauvage de l’Amazonie. Un moment marquant est la découverte d’empreintes de jaguars dans la boue fraîche que nous suivons pendant plusieurs jours. Au bout de 13 jours, nous sommes marqués par la fatigue et la boue, nous atteignions enfin Saül.

2022

Chute Lucifer : 80m de denivelé

Notre but est d’atteindre une cascade inconnue et isolée au cœur de la forêt guyanaise, repérée par des témoignages fragmentaires. En raison de la présence d’orpaillage illégal, nous sommes héliportée près de l’objectif. La progression à pied dans la forêt est lente et difficile, marquée par de nombreux signes de dégradation environnementale liés à l’exploitation clandestine de l’or. Après plusieurs jours, nous découvrons  une chute d’eau verticale d’environ quatre-vingts mètres, intacte et sans traces humaines récentes. Nous la baptisons « chute Lucifer », elle symbolise à la fois la richesse encore préservée de l’Amazonie et sa grande vulnérabilité face à la pression de l’orpaillage.

2023

Aux sources de l'Ekini

L’aventure débute par un héliportage sur une savane rocheuse, contrastant fortement avec l’humidité du « Grand Bois » voisin.

Notre premier défi est une marche ardue de 3 kilomètres pour acheminer canoës gonflables et équipement jusqu’aux sources de la rivière, marquant un début d’une progression laborieuse. Une fois les canoës gonflés et chargés, la rivière devient l’unique voie de progression.

La navigation se révèle être une lutte incessante. Le cours d’eau, très étroit en amont, est semé d’obstacles non cartographiés : de multiples troncs d’arbres abattus formant des barrages naturels, et des rapides exigeant une coordination parfaite pour éviter le chavirement. Un obstacle particulièrement impressionnant, un dénivelé d’une trentaine de mètres, nécessite une demi-journée pour être franchi.

Au sixième jour, l’expédition connait un incident majeur : l’un des canoës se déchire en tentant de franchir un amas de branchages. La réparation d’urgence, réalisée avec le kit de rustines dans l’humidité ambiante, permet de continuer la progression.

Malgré les difficultés, l’aventure est riche en rencontres avec la faune sauvage, notamment un serpent corail et des pécaris (cochons bois), rappelant que nous ne sommes pas seuls. L’élargissement progressif de la rivière à la fin du périple marque la fin de cette épopée.

2024

Le lit fantôme de la rivière Koursibo

L’aventure débute sur le lac de retenue du barrage de Petit-Saut, une étendue d’eau de 350 km² caractérisée par un paysage fantomatique de forêt noyée. La navigation y est périlleuse, nécessitant un slalom constant entre des milliers de troncs d’arbres morts. Une première péripétie survient lorsque l’un des quatre moteurs hors-bord tombe en panne. Après un diagnostic, nous sommes contraint d’abandonner le moteur son embarcation, surchargeant les trois autres coques en aluminium pour poursuivre le voyage.

Une fois sortis du lac et arrivés au rapide « Lucifer », nous avons pris conscience de l’ampleur de la sécheresse. Le niveau de l’eau est si bas que la rivière, censée être notre route, est devenue un obstacle majeur. Les coques raclent constamment les roches, et la progression se transforme en une routine de portage exténuante : décharger tout le matériel, puis hisser et transporter les coques sur des centaines de mètres à travers les roches ou la forêt.

Lors du premier portage, un membre de l’équipe, Daniel, se blesse à la cheville en posant le pied sur une pierre glissante. Malgré la douleur et le gonflement, il est décidé qu’il peut continuer le voyage en étant dispensé d’effort.

En raison du niveau d’eau extrêmement bas, l’objectif initial d’atteindre la chute « Niagara » est abandonné. Nous parvenons parvient péniblement au saut « 7 z’ilets » avant de devoir faire demi-tour.

2025

Oyaricoulets, sur les traces d'un mythe

Aux pieds des monts Tumuc-Humac, à la frontière entre l’Amazone et les Guyanes, subsiste toujours des récits sur les Oyaricoulets, une tribu amérindienne mythique.

Les Oyaricoulets sont décrits comme la dernière « tribu fantôme » de cette région. Contrairement aux autres peuples amérindiens (Wayanas, Wayapis, Apalaïs, Tïlïyos) qui ont rejoint les grands fleuves et la modernité, les Oyaricoulets seraient restés au cœur de la forêt. Historiquement craints pour leur hostilité envers les étrangers, ils auraient défendu violemment leur territoire le long de la rivière Oulémari (actuel Surinam).

Pëlë Emït, 65 ans, est au centre de notre aventure. Oyaricoulet de naissance, il a été récupéré vers l’âge de 7 ans dans les années 70 par une mission évangélique hollandaise. Depuis, il vit le long du fleuve Maroni, marié à une Wayana avec cinq enfants, mais n’est jamais retourné sur ses terres natales.

L’expédition réunit un groupe composé d’Amérindiens, de membres d’Alabama et du WWF Guyane. Pëlë Emït embarque son fils aîné pour retrouver les traces de son village d’origine et transmettre enfin son histoire, longtemps gardée secrète. Pour ses enfants, immergés dans la modernité et les réseaux sociaux, c’est l’occasion de découvrir les racines de leur père et la dure vie du « Grand bois ».

2025

Rivière Mataroni et savane Annabel

Nous sommes en saison sèche sur la rivière Mataroni, période où le faible niveau d’eau expose de nombreux rochers et troncs d’arbres couchés, ce qui rend la navigation particulièrement périlleuse et éprouvante.

Le premier incident majeur a été l’accident de Matthieu, qui s’est gravement blessé au tibia avec l’hélice du moteur hors-bord en aidant le bateau à franchir un tronc. Malgré des soins sommaires et une douleur intense, l’équipe a dû poursuivre son chemin. N’ayant pas atteint le campement prévu avant la nuit, nous avons navigué dans l’obscurité, une expérience où tout devient silhouette et murmure. Cette navigation nocturne a causé des dégâts supplémentaires, une hélice perdant ses pales.

Le lendemain a commencé le calvaire du portage des embarcations et du matériel sur les rapides. Six à huit hommes portaient chaque bateau tandis que deux autres s’occupaient des moteurs, avançant péniblement sur les roches glissantes pendant deux heures avant de retrouver des eaux calmes. Un autre incident s’est produit lorsqu’un bateau a chaviré se remplissant d’eau et noyant le moteur. Nous avons dû décharger tout le matériel, écoper l’embarcation et remettre le moteur en état par un démontage partiel, séchage et purge avant de pouvoir repartir.

Au terme de ce périple difficile, nous avons finalement atteint notre destination : la savane roche Annabel, un affleurement granitique ancien au cœur de la forêt où la surface peut atteindre 60°C et qui abrite une biodiversité très spécialisée et endémique.

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